Récit d’une promesse faite aux élèves et tenue en classe

La série Prendre plaisir à prendre la parole explorent de possibles pistes pédagogiques pour faire de l’oral en classe de langues vivantes en partant de remarques d’élèves à propos de leurs propres difficultés.

Voici la suite de l’article intitulé Faire parler une classe étrangement calme, publié en janvier de cette année, où j’ai évoqué le cas d’une classe de terminale de lycée qui n’osait pas intervenir à l’oral. J’y ai rendu compte d’une discussion bilan avec les élèves en question à l’issue d’un cycle de travail qui avait permis de mettre à jour deux sentiments qui les empêcher de parler en classe : la peur de se tromper au moment de parler, d’une part, puis d’autre part, l’impression d’être incapable de pouvoir répondre aux attentes d’un auditoire lors d’une interaction à l’oral.

Ici vous trouverez le récit de la séquence d’activités mise en œuvre pour la classe proposées pour répondre à la problématique Comment produire un discours en adéquation avec les attentes d’un auditoire? L’idée essentielle est de libérer ces élèves de terminale de leurs craintes en créant des situations de prise de parole cadrées mais comportant toujours un élément de l’improvisation. En fin de séquence, chaque élève aura réalisé une prise de parole improvisée et adaptée à son auditoire. Et pour ma part, en tant qu’enseignant, j’espère pouvoir tenir la promesse faite aux élèves de faire de l’oral – parce que l’année scolaire est loin d’être terminée et il faut changer la dynamique de participation dans cette classe pour mieux travailler ensemble.

L’histoire d’un inventeur

Communiquer, ce n’est pas toujours calculer ce qui est attendu. C’est également inventer des solutions en adéquation avec les paramètres de la situation de communication pour produire un oral qui nous ressemble et qui va accrocher notre auditoire.

En cherchant à remettre à l’oral cette classe muette, il m’est venu à l’esprit une histoire que j’avais utilisée en cours autrefois. C’est la thématique de l’invention qui a dû réveiller ce souvenir, parce qu’il s’agit d’une histoire au sujet d’un inventeur imaginée par l’écrivain suisse Peter Bichsel.1

Tenir son invention ou la libérer?
Photo de Júnior Ferreira sur Unsplash

Pour aller vite, voici la trame de l’histoire telle que je la connaissais.2

Un inventeur habite hors du monde depuis 40 ans – il s’est isolé pour pouvoir inventer en paix – un jour il réalise qu’il a inventé quelque chose qu’il veut partager – il se rend en ville – le monde a bien changé – il découvre beaucoup de phénomènes nouveaux (voitures électriques, téléphones portables, distributeurs d’argent …) -il veut tout de même parler de son invention mais il se rend compte qu’il ne sait plus communiquer avec les autres – suite à plusieurs refus il réussit à trouver quelqu’un à qui parler – son auditeur l’interrompt au bout d’un moment pour lui expliquer que son invention existe déjà – triste, l’inventeur rentre chez lui – son passage en ville l’inspire et il se met à inventer d’autres objets – avec chaque invention il se rend en ville – à chaque fois il découvre que son invention n’en est pas une,et qu’elle existe déjà

Moralité : La chose la plus difficile dans la vie est d’inventer ce qui existe déjà.

Je n’ai jamais lu la version originale de cette histoire que j’ai découverte sous forme de trame dans Once Upon A Time, un recueil d’activités pour la classe de langue basées sur des techniques tirées de la tradition orale.3

Pensant à ma classe problématique, je me suis mis à tourner cette histoire dans ma tête pour l’apprendre de nouveau. J’ai ressorti la trame que j’avais gardée sur une feuille dans un vieux dossier. Pour la remémorer, j’ai commencé par me raconter l’histoire dans la tête, puis je me suis mis à la dire en parlant à voix basse. Cette technique d’oralisation préalable permet de chercher les bonnes articulations tout en allant d’un bout à l’autre de la narration, même si la voix n’est pas audible pour quelqu’un d’autre.

En effet, cette histoire contenait plusieurs éléments pertinents pour répondre aux besoins de cette classe de terminale : l’invention, la recherche d’un auditoire, le fait de faire face à la difficulté à communiquer. Pour l’utiliser en classe, il fallait trouver une activité en introduction, puis un développement qui allait inciter l’expression orale de la part des élèves.

J’envisageais un travail en 3 séances de 50 minutes avec une quatrième séance optionnelle. Voici le récit de la mise en œuvre de la séquence.

Annoncer le projet et passer dans le monde de l’invention

Première séance.

Quand les élèves arrivent en cours ils sont attentifs. Nous nous retrouvons pour la première fois depuis notre discussion autour de la prise de parole résumée ici. Nous sommes contents de nous retrouver dans de meilleures dispositions. Est-ce qu’ils sont prêts pour faire de l’oral? Ils le sont.

La classe est invitée à se constituer en groupes de 3-4 élèves pour collaborer autour d’une tâche en anglais.

Consigne : Sur un bout de papier, notez en anglais le nom d’un objet, d’une machine, ou d’un dispositif technique existant que vous estimez être utile dans la vie de tous les jours. Travaillez discrètement sans laisser les autres entendre votre choix.

Cette étape va relativement vite. Il faut juste encourager l’utilisation de l’anglais, surveiller que tous les groupes avancent sans perdre du temps, et éviter que deux groupes ne fassent le même choix, auquel cas il faut que les deux vont devoir changer. Cette confidentialité est vitale pour l’étape suivante.

Les élèves restent dans leurs groupes. J’explique que nous allons aborder l’axe du programme qui porte le tire un peu lourd de : Innovations scientifiques et responsabilités. Notre entrée – qui se fera par l’oral – sera l’invention.

Le montrer-cacher
de la communication devient un plaisir
Photo de Vitalii Khodzinskyi sur Unsplash

Chaque groupe va se considérer comme les inventeurs de l’objet, de la machine, ou du dispositif technique qu’ils viennent de noter sur les papiers que je tiens désormais entre mes mains. Les membres de chaque groupe ont 5 minutes pour préparer quelques mots de présentation de leur invention. Sans la nommer, bien sûr, il faut expliquer à quoi sert l’invention et ce qu’elle va changer dans nos vies, tout en essayant d’intriguer l’auditoire qui doit se demander ce que c’est. Encore une fois, la discrétion absolue s’impose entre groupes pour ne pas laisser fuiter les détails avant la présentation.

Cette phase nécessite de l’observation de la part de l’enseignant. Je reste disponible en tant que ressource linguistique, mais j’essaye de laisser travailler les groupes. J’encourage et conseille les groupes qui hésitent, parce que la gestion du temps de préparation est délicate et certains groupes ont peur du temps qui passe. Les 5 minutes sont souples, mais je dois veiller à laisser suffisamment de temps pour les présentations qui seront faites par chaque groupe par la suite – tout en gardant le temps nécessaire après ces présentations pour terminer la séance en racontant l’histoire de l’inventeur à la classe. Mais cela, pour l’instant, les élèves l’ignorent.

Les 7 groupes présentent leurs inventions en passant devant la classe les uns après les autres. Je joue le maitre de cérémonies. Je suis étonné de voir un certain plaisir chez les élèves lors de cette activité, non seulement dans la tension du jeu de montrer-cacher de l’invention lors les prises de parole, mais également dans la manière d’écouter leurs camarades. Je vois ici les premiers signes de la connexion qui doit se créer entre élèves pour ouvrir la parole – on peut appeler cela de la complicité, ou bien la synchronisation des cerveaux.

Parfois les présentations sont tellement mystérieuses que l’invention reste insaisissable et les inventeurs sont invités à rajouter d’autres éléments spontanés. Progressivement, un accord tacite s’installe à propos de ce qui représente assez d’informations fournies de la part des inventeurs pour laisser une chance à l’auditoire qui cherche à deviner l’invention.

Lorsqu’une seule invention n’est pas identifiée, malgré des éléments pertinents donnés, je dis : Votre invention semble être vraiment nouvelle et nous vous félicitons! Dans tous les autres cas, la formule de rigueur, dite de manière bienveillante, est la suivante : Nous sommes désolés, mais votre invention existe déjà. Cette formule de consolation va prendre tout son sens dans l’étape suivante.

Pour finir la séance, j’annonce : Vous venez de jouer aux inventeurs, mais j’aimerais vous raconter l’histoire d’un vrai inventeur. Et je raconte l’histoire esquissée dans la trame en début d’article. Dans ma version ce jour-là, j’insère des inventions proposées par les élèves pour leurs présentations avec, dans la mesure du possible, certaines formulations ou phrases employées que j’ai gardées en mémoire.4 Tous reconnaissent la formule Nous sommes désolés mais votre invention existe déjà quand elle apparaît dans l’histoire. Mais c’est sa variante, la chute finale, qui touche l’auditoire : La chose la plus difficile dans la vie est d’inventer ce qui existe déjà.

Silence. L’auditoire est, comme moi-même, encore dans l’univers de l’inventeur de l’histoire. Je pose une question : Si vous pouviez rencontrer le personnage de l’inventeur dans l’histoire, quelle question aimeriez-vous lui poser?

Quelques questions spontanées sont proposées – Pourquoi vous habitez seul? Comment faites-vous pour vous nourrir si vous ne sortez jamais de chez vous? … Le travail à faire pour le prochain cours est de trouver au moins 5 questions à poser à l’inventeur.

Cette première séance a plutôt bien fonctionné. Nous allons poursuivre l’histoire de l’inventeur qui ne sait plus communiquer mais qui a tant de choses à dire au monde. Ce personnage est un miroir pour certains élèves qui n’osent pas prendre la parole en anglais : à force d’observer en classe, d’être sages et silencieux, certains ont perdu l’habitude d’intervenir, d’autres ont des idées et l’envie de se lancer, mais le fait d’être entourés de camarades taiseux les empêche de franchir le pas. Les activités proposées lors des deux prochaines séances doivent inciter l’ensemble des 24 élèves dans cette classe à prendre la parole.

Préparer un entretien avec l’inventeur

Deuxième séance.

Pour prolonger l’expérience de l’histoire nous allons créer une situation de jeu de rôle sous forme d’entretien entre l’inventeur et un journaliste. Il nous faut une banque de questions, une ressource pour conduire une telle interaction orale qui sera construite à partir des questions rapportées par les élèves.

Anticiper ensemble les questions
pour structurer l’interaction

Photo de Wonderlane sur Unsplash

Travaillant à 2, les élèves comparent les questions imaginées pour une rencontre avec l’inventeur. Ont-ils trouvé des questions à poser? En sont-ils satisfaits? Interroger en langue étrangère est une chose subtile où sens et forme doivent s’assembler de façon juste. Les questions préparées sont mises en commun. Chaque élève vient inscrire au moins une question de sa production au tableau. Chaque rédacteur de question est invité à poser les lettres A, B ou C devant la question.

A = c’est correct, j’en suis sûr.

B = c’est peut-être correct, mais j’ai un doute.

C = il y a un problème que je n’arrive pas à résoudre.

Ceci prend quelques minutes mais permet aussi d’échanger, de collaborer. Une fois la tableau rempli, je passe les questions par la vérification collective en les lisant à haute voix. L’auteur peut garder son anonymat, puisque toutes les questions sont maintenant dans le domaine publique. En concertation avec la classe, nous confirmons la correction des A, nous levons le doute ou corrigeons les questions classées B, pour finir par la correction des questions classées C. Nous disposons d’une banque de 24 questions certifiées correctes à poser à l’inventeur.

La consigne suivante est donnée : Travaillez seul maintenant. Vous allez jouer le rôle d’un journaliste qui a été mis sur la piste de cet inventeur. Identifiez et recopier 15 questions que vous souhaitez lui poser, soit à partir du tableau, soit à partir de vos propres questions. Mettez-les dans l’ordre approprié pour un interview en laissant un espace pour noter ses réponses.5

La deuxième séance se termine par ce moment de choix et d’organisation de la rencontre avec l’inventeur à venir. Les élèves pensent que c’est l’enseignant qui va jouer le rôle de l’inventeur à qui ils vont pouvoir poser leurs questions. Ils ne soupçonnent pas qu’eux-mêmes vont jouer, tour à tour, le rôle du journaliste et le rôle de l’inventeur dans des dialogues improvisés. Pour l’instant, ils se pensent journalistes. Et c’est déjà une posture tournée vers une prise de parole en interaction à venir.

Journalistes et inventeurs se rencontrent

Troisième séance.

Pour la troisième séance, les élèves arrivent préparés avec leurs listes de questions choisies. C’est un jour important pour leur prise de parole. Je les accueille avec des informations clés sur la séance à venir. Ils vont travailler de façon autonome à 2 pour réaliser deux entretiens : dans le premier un journaliste interroge un inventeur et note ses réponses aux questions; ensuite, les rôles sont inversés et c’est l’autre élève qui sort ses questions et note les réponses fournies par son camarade qui joue l’inventeur.

Pour s’échauffer, on reprend la liste les questions à l’oral en insistant sur le besoin de clarté : ne pas les dire trop vite, bien articuler, appuyer sur les mots-clés pour que l’auditeur les capte sans problème. Nous prenons quelques exemples ensemble : un élève dit une question à voix haute, je la répète, soit en validant la proposition, soit en proposant un modèle que l’élève s’approprie en le répétant. Un temps court d’entrainement dans les binômes permet d’anticiper les questions à venir.

Journaliste ou inventeur?
Photo de Christina @ wocintechchat.com sur Unsplash

Avant de lancer la phase des entretiens, deux instructions importantes sont données. Les journalistes doivent penser à relier les questions aux réponses données plutôt que faire une simple énumération de la liste; ceci pour aider la fluidité à l’interaction. Les élèves doivent s’enregistrer avec un simple téléphone posé sur la table entre eux en annonçant qui parle et dans quel rôle en début d’enregistrement; ceci permet de garder une trace à écouter par eux et à créer un fichier audio à transmettre au professeur qui pourra ainsi entendre l’ensemble des entretiens dans le détail.

Tous les groupes travaillent en même temps. Une simple disposition en face à face suffit. Chaque binôme trouve son rythme et l’objectif est que chacun joue le journaliste et l’inventeur au moins une fois. L’engagement des élèves est intense. Qui mène dans la danse des cerveaux? Le journaliste ou l’inventeur? Chacun son tour pour guider ou pour être guidé? Les journalistes gèrent l’enregistrement au téléphone et prennent des notes pour garder une trace des réponses données. Je me rapproche des groupes qui terminent pour recueillir les impressions à chaud – il y a des impressions, qu’elles soient positives ou pas, qu’un élève peut partager en conversation à trois entre son binôme et le professeur qui sont plus difficiles à dire dans une discussion en classe entière. Certains élèves très motivés ont le temps de changer de partenaires pour refaire un autre oral.

En fin de séance, je prends le temps de faire un bilan rapide à l’oral avec avec toute la classe à partir une série de questions inscrites au tableau :

Comment cela s’est passé cet oral pour vous ? A l’unanimité la classe confirme que tout s’est bien passé. Avoir un cadre sans être contraint leur a plu. Le travail progressif pour bâtir le moment de l’entretien a aidé à mettre en confiance. Plusieurs élèves ont dit ne pas avoir vu le temps passer.

Quel rôle avez-vous préféré ? La majorité a aime les deux rôles, et l’alternance était une bonne idée. L’inventeur permettait de sortir d’eux-mêmes, d’imaginer d’autres choses. Contrairement aux apparences, jouer le journaliste n’était pas plus facile : entre les questions qu’il fallait adapter en fonction du personnage qu’ils avaient en face, et la prise de notes des réponses, il fallait être organisé.

Est-ce que quelque chose vous a surpris ? La liberté du travail, être capable de fonctionner tout seul. Plusieurs confirmaient qu’avant le jeu de rôle ils ne se pensaient pas capables de parler en anglais aussi longtemps sans apprendre un texte d’abord. Un élève a déclaré que l’exercice lui a rappelé des cours de théâtre et il n’attendait pas à faire une chose pareille en anglais. Un autre a dit simplement : J’ai découvert que ma partenaire est quelqu’un de très créative!

Si c’était à refaire …? Pour un élève la réponse était : Oui, tout de suite. Pour un autre : Je n’ai pas trouvé ça facile du tout, mais je dois parler anglais pour mes études et il faut que j’arrive à faire des choses comme ça.

J’ai terminé la séance en rappelant le constat de départ : Quelqu’un dans cette classe a dit, il n’y pas si longtemps : « Je crois qu’on ne parle pas en cours d’anglais parce qu’on a peur de se tromper » Quelqu’un d’autre a dit : « Quand je parle en public, j’ai l’impression qu’on attend quelque chose de moi que je suis incapable de donner. » D’après ce que je vois, vous avez prouvé aujourd’hui que communiquer, c’est inventer. Félicitations ! A vous de poursuivre votre chemin d’inventeur en anglais. J’ai déjà hâte d’entendre parler de votre prochaine invention!

Je termine cette séance intense avec un rappel de l’importance de me transmettre les fichiers audios de leurs dialogues. Pour la prochaine séance, j’ai poursuivi notre axe du programme pour les langues étrangères, Innovations scientifiques et responsabilités. A toutes fins utiles, je signale une autre option possible avec une quatrième séance consacrée à une production écrite sous la plume du journaliste qui rend compte de sa rencontre avec l’inventeur.

Sortie optionnelle par le journalisme

Quatrième séance.

Les élèves ont bien produit deux enregistrements audios de leurs entretiens en tant que journaliste et en tant qu’inventeur dans le cadre du travail de la classe. On peut profiter de l’existence de la prise de notes par le journaliste lors de l’entretien pour demander aux élèves de rédiger un article à partir de cette récolte d’informations comme suit :

Rédigez un portrait de votre l’inventeur suite à votre rencontre. Relisez vos questions et les réponses données. Certaines informations peuvent être recyclées dans un portrait, d’autres méritent d’être citées avec les paroles de l’inventeur. Faites votre plan : une introduction pour interpeler vos lecteurs à propos de ce personnage singulier – quelques exemples de ses activités, ses motivations et ses inventions – votre conclusion suite à cette rencontre avec une question adressée aux lecteur pour solliciter des commentaires.

Selon les habitudes du contexte professionnel, ces rédactions peuvent être remises au professeur pour évaluation, affichées dans la classe ou même publiées sur le site de l’établissement scolaire. Restons inventifs!

La séquence et ses conséquences

Cette séquence charnière a changé des choses pour cette classe étrangement calme. J’ai appris, d’une part, à mieux connaitre les élèves individuellement pour les avoir vus à l’œuvre à l’oral et, d’autre part, à comprendre qui solliciter et comment le faire.

Cette expérience m’a permis d’accepter la personnalité calme et plutôt concentrée de cette classe, pour me détendre un peu et de prendre plaisir à travailler avec eux.

Le choix de l’histoire de l’inventeur, qui m’étais chère, m’a également permis d’affirmer ma propre personnalité pédagogique avec la classe.

Par la suite, les élèves se sont bien mieux mis en configuration de travail autonome, que ce soit seul ou en groupes, et les productions étaient plus abouties, plus inventives. En somme, une nouvelle relation s’est établie sur des bases de coopération et de collaboration.

En guise de conclusion

Ici la série de 6 articles sous le titre général Prendre plaisir à prendre la parole touche à sa fin. J’ai puisé mes observations et développé les démarches présentées grâce aux expériences de terrain dans l’enseignement secondaire en France, essentiellement en lycée.

Chaque article dans la série explore des aspects du travail à l’oral en classe qui ont surgi de manière souvent inattendue. Ces inattendus m’ont toujours poussé à réfléchir, à adapter et parfois à changer ma façon de procéder afin d’enseigner de manière utile. Partager ces expériences sous forme écrite n’a pas toujours était chose aisée, mais c’est un défi que j’ai aimé relever.

La série complète des articles est disponible en français et en anglais.6

Notes

  1. Vous trouverez un résumé de l’édition française de l’original de Pete Bichsel en cliquant ICI. Il existe également cet article en anglais bien plus détaillé sur son œuvre pour ceux et celles qui souhaiteraient en savoir plus. ↩︎
  2. J’ai rencontré l’histoire de l’inventeur pour la première fois dans Once Upon A Time : using stories in the language classroom, Morgan & Rinvolucri, Cambridge University Press, 1983. Après avoir testé l’exploitation pédagogique proposée par les auteurs, j’ai décidé de garder l’histoire et de l’exploiter autrement en classe. ↩︎
  3. Œuvre déjà citée ci-dessus: Once Upon A Time, Using stories in the language classroom, John Morgan & Mario Rinvolucri, Cambridge, 1983. ↩︎
  4. Il est facile de garder en mémoire ce qu’on vient d’entendre pour le réemployer. Je l’ai fait un jour involontairement en racontant cette histoire. L’auditoire a bien aimé. Je l’ai adopté pour le faire systématiquement par la suite. ↩︎
  5. Cette question de l’ordre est essentielle d’un point de vue pragmatique : on aborde quelqu’un de façon à le mettre à l’aise, et on crée une séquence de questions logique pour l’aider notre interlocuteur à élaborer un propos cohérent. On peut numéroter ou modifier l’ordre des questions à la fin. ↩︎
  6. A l’exception de Communiquer, c’est inventer que vous venez de lire, et qui est en cours de traduction. ↩︎


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